mercredi 15 août 2007

Départ

Vendredi 20 juillet 2007, Amplepuis

Un voyage commence souvent avant le départ, dans les préparatifs et les projections mentales qu'on y insuffle. Dans le gris livide de notre mois de juillet, triste comme une déclaration d'impôts, voilà plusieurs jours que je plonge dans le guide du National Geographic et m'enivre de centaines de lieux à visiter, de villes, de quartiers, de temples, de parcs, de musées, dont les noms me semblent tous identiques (Nishi Hongan-ji, Higashi Hongan-ji, Kokuritsu Hakubutsukan, Kiyomizu-dera, etc.). Sentiment de noyade après quelques heures, j'arrête et me dis : « On verra sur place ». Pirouette d'autant plus aisée que j'aurai le meilleur guide qu'on puisse rêver, mon vieil ami Brice, baroudeur devant l'éternel (et dont je conseille la visite de son blog hallucinant). Après une saison à Kobé il y a quelques années, il vient de s'installer à Osaka, où je le rejoindrai dans deux jours.

Me voilà donc en plein compte à rebours : J – 2. Ce sera mon « jour le plus long » à moi : après 11 heures de vol, mon horloge biologique atterrira vers 2 h du matin le lendemain, alors que ma montre bracelet devra afficher 10 h. Je poserai pied au Japon via l'aéroport international du Kansai, près d'Osaka, flambant neuf. Hier, en feuilletant par hasard l'édition 2004 du Larousse, j'ai croisé une photographie de cette immense plate-forme construite en pleine mer en 1994 : l'exotisme commencera ici.

Là-bas j'emporterai avec moi tous les préjugés dont le français moyen que je suis traîne depuis des générations : des rues bondées de piétons portant des masques chirurgicaux, des samouraïs hurlant leurs attaques d'une voix gutturale, des cerisiers en fleurs, des temples aux empilements de toits retroussés, des mangas, des travailleurs acharnés ne prenant que quelques jours de congés par an (!)... Ce dernier cliché est d'ailleurs allègrement conforté par les premières pages du guide du National Geographic, que je cite : « En moyenne, l'employé de bureau (salaryman) passe deux heures par jours dans les transports en commun et dix au bureau, et ce six jours par semaine. [...] Il a deux semaines de congés payés par an, mais, par loyauté envers sont entreprise, il ne prendra que quatre jours. » 1
Est-ce possible ? Ce dernier point relève pour un fonctionnaire français de la légende contemporaine. Les autres suscitent le rêve. Autant d'éléments à vérifier par soi-même.
Un voyage est toujours une quête.


1National Geographic Les guides de voyage Japon, Ed. National Geographic Society, 2005, p.13-14

1 commentaire:

Unknown a dit…

Trop classe le blog. Ca fout le bourdon pour les gratteurs de couilles de mon genre qui passent leurs vacances a siffler des chopes en essayant de retrouver la muse de Tom Jobim (enfin, plutot sa petite fille). Si en plus il faut se mettre a voyager intelligent, mais ou va t'on ma bonne dame?

Sayonara