Brice et moi avons retrouvé Yuriko à Kobé pour visiter une ville fort séduisante. Bien sûr, autour de la gare et du port, c'est l'habituelle urbanisation nippone, toujours un peu effrénée, mais pas chaotique. Kobé, sillonnée d'interminables galeries marchandes couvertes et climatisées, offre de magnifiques gratte-ciel. Même les doubles niveaux d'autoroutes suspendues semblent s'intégrer dans le paysage. Le petit quartier chinois n'est pas dénué de charme avec ses sculptures de dragons redondantes.
Nous avons fait un long parcours dans un métro aérien perché au-dessus de la ville, en passant par l'un des spectacles les plus étonnants que j'ai vu, et qui illustre bien les limites de l'aménagement à tout crin et la corruption de certains hommes politiques japonais : l'aéroport de Kobé. Situé à quelques minutes de vol du grand aéroport international du Kansai, déjà sous-exploité, il n'a aucune réelle utilité et ne peut s'expliquer que pour d'obscurs raisons politiques. Et pourtant il est là, sur son immense île artificielle, avec son immense pont et monorail pour s'y rendre. Et il est vide. Absolument aucun avion sur le tarmac, des engins immobiles, des salles vides et un parking silencieux. Ah si, un avion a atterri au moment où nous reprenions le métro, on imaginait tout le staff en émoi d'avoir enfin quelque chose à faire.
Mais Kobé est aussi la ville qui fut détruite en janvier 1995 par l'un des séismes les plus violents du siècle dernier. Une portion de quai a été conservée en l'état, à côté d'un mémorial émouvant, qui permet de mesurer l'ampleur du désastre. Difficile de croire que cette cité n'était plus que ruine il y a douze ans.
Le soir venu, mes guides m'ont fait découvrir le charmant quartier de Kitano, sur les hauteurs de Kobé, aux ruelles étroites et sinueuses et où s'élèvent de belles maisons de style européen (surtout anglais) construites par des négociants étrangers il y a plus d'un siècle, et parfaitement conservées. On pourrait se croire sur les pentes de la Croix-Rousse. Ou encore à Montmartre...
Pour la bonne bouche, je ne peux résister à l'envie de publier ce morceau choisi de « franponais » : comme dans beaucoup d'autres pays, la France véhicule une image chic, romantique et gastronomique. Aussi croise-t-on plusieurs magasins affublés de noms français, comme par exemple la chaîne de prêt-à-porter « Comme ça ». Parfois, hélas, les difficultés orthographiques de notre langue s'imposent, ce n'est pas la « Boulangerie patissrie » (sic) qui dira le contraire. Mais le morceau de choix reste ce mur peint découvert à Kobé. Je vous laisse apprécier...

1 commentaire:
Vive les trad google ^^
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