samedi 18 août 2007

Himeji arriverais peut-être

Samedi 28 juillet 2007, Himeji

Excursion plus que laborieuse pour la ville d'Himeji et son célèbre château. J'étais à la gare d'Osaka à 8h30 ce matin, mais le train a accusé 1h15 de retard. L'incident, surprenant pour un réseau aussi perfectionné, eut toutefois l'intérêt de faire de moi un témoin privilégié de la réaction des usagers nippons, à savoir rien. Là où le français moyen aurait pesté, alpagué un contrôleur pour demander des explications, peut-être vitupérer le pauvre employé, le japonais moyen ne fait rien, il attend patiemment que ça passe. Car ici, on a confiance en l'autorité ; si le train a du retard, c'est qu'il y a une bonne raison, et au reste je les rejoins dans le fait que s'agiter ne serait que pure perte d'énergie (ils en dépensent suffisamment au travail pour surveiller tout gaspillage). De prime abord, donc, je n'y voyais qu'une noble conséquence de la discipline japonaise.
Et puis, à la réflexion, un autre aspect m'est apparu : l'indiscipliné descendant gaulois, au milieu de son agitation, aurait forcément interpellé son voisin. Je l'entends d'ici : « Vous savez pourquoi il a du retard ? Sans doute une grève, hein, toujours ces feignasses de fonctionnaires qui veulent encore moins en foutre ! » Et de là, une conversation (râleuse certes, mais une conversation quand même) aurait pu s'engager entre les deux quidams qui ne se reverront sans doute jamais. Une pure conversation gratuite sans aucun autre enjeu réciproque qu'être en relation. Pendant ce temps, le japonais, discipliné et confiant, lit son journal, envoi un texto ou écoute son iPod.
Finalement, quelle que soit notre culture, on a toujours les défauts de nos qualités.

Après cette longue attente, je me suis coincé dans un train bondé. Comme si cela ne suffisait pas, j'ai eu la bonne idée de descendre deux stations trop tôt, une confusion dans des noms presque identiques. Mais j'y suis enfin parvenu. Après 1h15 d'attente, 1h30 de train et une quinzaine de minutes de marche dans la laideur toute urbaine de la ville d'Himeji, j'arrivai à Himeji-jo, et mes efforts ont été récompensés.

Car il est magnifique, cet ensemble construit entre 1581 et 1618, encore appelé château du Héron blanc (Hakuro-jo) à cause de ses murs immaculés et de ses toits gris.












Particularité toute japonaise, on se déchausse et on enfile une paire de chaussons pour visiter les intérieurs, tout en bois. A droite la « tour cosmétique » et ses longs corridors où se trouvaient les appartements de la princesse Sen.






L'intérieur du donjon principal (Tenshu) rappelle que la structure est toute entière dédiée à repousser d'éventuels ennemis (meurtrières et râteliers pléthoriques). Il est donc d'autant plus frappant d'y trouver une telle harmonie des formes. De vrais esthètes, ces samouraïs.









1 commentaire:

Anonyme a dit…

J'adore ta story... Et mon Dieu! Quelle prose! Il est terriblement agréable de te lire! :)