dimanche 19 août 2007

Gucha gucha ni naranai yo ni

Lundi 30 juillet 2007, Kyoto

Troisième sortie à Kyoto, en compagnie de Brice et de trois de ses amis. Nous avons remonté une partie du Chemin de la Philosophie, petite voie pavée qui longe un ruisseau où nagent nonchalamment quelques carpes (ça alors, des carpes !). L'occasion d'admirer un peu la faune et la flore...










Le chemin nous mène au Eikando Zenrin-ji, peut-être le plus beau de tous les temples que j'ai pu croiser ici. Tout en bois, d'une facture et d'une finesse incroyable, il présente une succession de bâtiments reliés par des ponts et autres passerelles.


















Dans la salle principale (Amida-do) trône la statue Mikaeri-no-Amida représentant le Bouddha Amida regardant par-dessus son épaule, amenée d'Osaka en 1607. Nous y entrâmes par hasard au moment où quatre moines débutaient un office religieux. Bougies et encens furent allumés et les moines agenouillés déclamèrent des prières sous forme de chants graves et mélodieux, au rythme de gongs actionnés par l'un d'eux.

L'ensemble est entouré de somptueux jardins, où l'on retrouve les éléments traditionnels tels que l'eau, le petit pont courbé, les lanternes.

Egalement une belle déclinaison de jardin sec, où l'eau est figurée par des graviers soigneusements ratissés, et les îles par des rochers.


Ajoutons à cela les paravents décorés de magnifiques peintures, et tout ici semble consacré à la méditation et à la paix intérieure.




















Après la visite nous sommes allé prendre un café sur une terrasse le long de la Kamogawa.
C'est là que Michel, résidant au Japon depuis huit ans et parfaitement bilingue, m'a noté la phrase que j'ai utilisée en titre de ce billet, qui est la transcription de « Sinon c'est le bordel », leitmotiv que Brice et moi répétons souvent face à l'obsession du rangement et de l'ordre dont font souvent preuve les Japonais.










Les chaises ont été prises à Hiroshima (j'anticipe un peu) mais elles ont toute leur place ici ; en regardant de plus près on peut voir les cordeaux préalablement tirés (un gigantesque quadrillage) afin que l'alignement soit irréprochable – ce qu'il était bel et bien. J'ai croisé nombre d'exemples comparables durant mon séjour, depuis les buttoirs de ciment au fond des places de parking, histoire que les roues soient bien placées, jusqu'aux aménagements draconiens pour bien séparer les voies piétonnes des voies carrossables, comme ces passages sous-terrains pour traverser des rues étroites (selon les critères locaux) et visiblement peu fréquentées. Gucha gucha ni naranai yo ni.

Le repas qui suivit fut un grand moment de Japon, nous avons dîné dans un restaurant typique, assis sur des tatamis face à des tables basses qui accueillent une plaque chauffante. Le serveur apporte différents ingrédients que l'on mélange afin de confectionner des sortes d'omelettes délicieuses, le tout arrosé de bières bien fraîches.








Après un dernier verre dans un bar africain (!), Brice et moi nous avons sauté dans le dernier train pour Osaka. La soirée ne faisait pourtant que commencer : Chris, le colocataire néo-zélandais de Brice, lui téléphona pour nous inviter à la rejoindre dans un pub irlandais d'America mura qui répondait au nom de The Cellar. Le bar, en sous-sol, était presque exclusivement rempli d'occidentaux. Certains jouaient des morceaux sur une scène ouverte. J'avais dit à Chris que je faisais des chansons, il en a parlé au responsable de la scène qui m'a proposé d'y faire un tour.
« Yeah, but I need a guitar.
- No problem, I have one.
- And a capo...
- Yeah, no problem. »

Il m'a branché, et j'ai donc eu l'insigne honneur d'interpréter quatre chansons à un public que l'alcool rendait particulièrement indulgent. J'ai bien foiré la première reprise, The Dangling Conversation de Paul Simon (quelle idée aussi de commencer par ça...), mais j'ai ensuite glissé une mienne chanson. Sachez donc que Le petit Nicolas a été interprétée à Osaka, atteignant dès lors un indéniable statut international. Brice est rentré, je suis resté avec Chris et ses amis anglo-saxons pour aller écumer deux autres bars jusqu'à l'aube...


1 commentaire:

Anonyme a dit…

Dorian Ardinat star internationale... :)