samedi 18 août 2007

Sous le regard bienveillant de Bouddha

Mercredi 25 juillet 2007, Kyoto

Enthousiasmé par ma première visite de Kyoto, j'y suis retourné dès le lendemain, de bon matin, pour d'autres temples et d'autres balades. Pour me mettre en jambe, j'ai commencé par l'impressionnant Kiyomizu-dera, perché au flanc de la colline Higashi, à l'est de Kyoto. Encore un stupéfiant ensemble de bâtiments construits en 1633 par le Shogun Tokagawa Iemitsu – même si le temple a été fondé en 798.








La salle principale, bâtie à flanc de colline, repose sur 139 piliers de bois. En contrebas se trouve la cascade d'Otowa (Otowa-no-Taki) censée purifier les fidèles qui recueillent l'eau à l'aide d'écuelles emmanchées, pour la boire ou faire des ablutions.

Enfin, plusieurs chemins serpentent dans la forêt jusqu'à une pagode et différentes stèles et statues, aux offrandes visiblement récentes, le tout agrémenté d'arbres à l'ombrage accueillant, de bancs visiblement confortables et de petits bassins où nagent des carpes aussi grasses que vieilles.










L'après-midi j'ai mis un temps fou à déambuler dans les ruelles du quartier avant de trouver, à force de demander, mon objectif suivant. Je crois que le fait de ne pas pouvoir déchiffrer les inscriptions les plus courantes (voire les plus essentielles) constitue le summum du dénuement. Mon salue réside dans le fait que la plupart des informations apparaissent également en alphabet romain. La plupart, mais pas toutes, et notamment le noms des rues (quand elles en portent un, ce qui n'est pas la coutume ici) et autres indications de direction. C'est fou comme une carte devient moins utile lorsqu'on ne peut pas lire le nom des rues. Je fus donc d'une étonnante inefficacité. Heureusement, la courtoisie des japonais fait qu'ils sont prêts à vous accompagner quand vous demander votre chemin.

Les détours en valaient la peine : je finis par arriver au Ryozen Kwan-on, et en fus même averti bien avant de voir le temple, grâce à la monumentale statue de bouddha qui y trône. Haute de 24 mètres, autant dire gigantesque, elle parviendrait presque à vous inquiétez.






Alors, curieux et fasciné, on s'approche. A l'entrée du temple, vous recevez avec votre billet un bâtonnet d'encens que la guichetière allume consciencieusement, qu'il ne reste plus qu'à planter dans une coupe au milieu de la cour, sous le regard bienveillant du bouddha géant. Car la divinité, de plus près, affiche un des visages les plus paisibles qu'il m'ait été donné de voir, et un regard qui inspire la quiétude et un étrange sentiment de sécurité. Impressionnant.

J'ai ensuite traversé le très beau parc de Maruyama (Maruyama-koen), une belle déclinaison de jardin japonais.


De là il est aisé de rejoindre le centre-ville par les petites rues piétonnes du quartier de Gion. Comme il me restait un peu de temps, j'ai voulu voir l'aspect marchand de Kyoto, et me suis engouffré dans les larges artères de la ville, puis dans les arcades commerciales, de longues rues couvertes (et climatisées) sur des centaines de mètres, et entièrement dédiées à la consommation de masse : échoppes débordantes de produits inutiles, devantures kitsch et racoleuses, hauts-parleurs secoués d'encouragements mercantiles, crieurs portant panneaux pour attirer les badauds. Tout cela à dix minutes des vénérables et séculaires temples – dont on se dit, soudain, qu'ils sont bien peu fréquentés. Je commence à saisir cette emblématique dichotomie japonaise entre tradition et modernité, mais vu d'ici on aurait tendance à croire que la tradition perd du terrain.


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